Saint-Amand-de-Coly, un site magnifique au coeur du périgord Noir

 

Au cœur du Périgord noir, la commune de Saint-Amand-de-Coly est traversée du sud au nord-est par la Chironde, délicat affluent du Coly et sous-affluent de la Vézère. Elle fait partie de l'association Les Plus Beaux Villages de France.
Tout au long de nombreux siècles, parfois paisibles et bien souvent agités voire guerriers, le village de Saint-Amand-de-Coly s’est confortablement installé entre deux vallons boisés.

Une vingtaine de kilomètres le sépare de Sarlat, moins d’une dizaine de Montignac et quelques pas à peine des grottes de Lascaux. Il se trouve également à la proximité du village de Coly, où les abbés du lieu disposaient d'un château. La commune présente également en plusieurs lieux des traces d'occupation humaine préhistorique, puis gallo-romaine.

Il s’agit d’une commune d’à peine moins de 400 habitants, membre de la Communauté de communes de la Vallée de l’Homme. La fête du village s’y déroule chaque année le 15 août, autour de la messe de la Saint-Hubert sonnée par les trompes de chasse, d’un repas convivial fait de spécialités périgourdines, d’un bal et d’animations variées. En juillet et août, un marché des producteurs du pays se tient sur la place du séchoir à tabac. Les exposants locaux y proposent leurs produits (viande, conserves, fruits et légumes, vins, fromages, gâteaux...).

Au mois d'août, l'Abbaye accueille plusieurs concerts de musique classique, ainsi que des masterclasses de musique ancienne, dans le cadre du Festival du Périgord noir.

L’activité sur le territoire de la commune est diversifiée quoique très significative de l’histoire et de l’esprit du lieu ; on dénombre ainsi une vingtaine d’établissements de commerces, transports ou services, à peine moins dans l'agriculture ou la sylviculture, huit dans la construction, cinq dans l'industrie, et cinq relatifs au secteur administratif, à l'enseignement, à la santé ou à l'action sociale.

Son abbatiale du XIIe siècle est considérée comme la plus belle église fortifiée du Périgord.

Depuis plus d’un millénaire, dans la sérénité, la prospérité comme les conflits les plus violents, elle semble veiller sur les maisons du village, faites à son image de pierre sarladaise et de ces lauzes typiques de la région. La lumière du soleil ne cesse d’y éclairer la palette contrastée mais harmonieuse des ocres et des gris.

Spirituel, puissant et vulnérable à la fois, tel est Saint-Amand de Coly…

 vue de saint amand de coly

Un peu d'histoire

Le premier document historique connu qui fait état de l'existence d'un monastère à Saint-Amand-de-Coly est daté de 1048. Mais les racines et les origines de l’Abbaye plongent bien plus avant dans les siècles.

Selon les légendaires, c'est au milieu du VIe siècle qu'Amand, un jeune noble d'origine limousine, embrasse la vie monastique, mieux, la vie solitaire des ermites ! Il cherche et finit par trouver une grotte à sa convenance. Son espace d’harmonie intérieure deviendra Saint-Amand-de-Coly. Il y porta véritablement la parole de l'Evangile à une population asservie et qui contribua à faire de lui un Saint. Amand serait mort à la fin du VIe siècle et à Saint-Amand, comme dans bien d'autres localités, l'humble abri d'un ermite et le tombeau d'un Saint furent le commencement d'un monastère et d'un village.

Au Moyen-Age, en effet, puissante est l'Eglise qui contribue largement à la structuration territoriale de tout le territoire, du Royaume aux Seigneuries influentes comme reculées. Du VIIe au VIIIe siècle, les diocèses se divisent en paroisses urbaines ou rurales presque toujours par les soins et grâce au labeur d'une communauté de moines. Les moines de Saint-Amand ont ainsi contribué à la création d'un grand nombre d'églises et de prieurés qui resteront sous la dépendance de leur Abbaye. En effet, dès la fin du XIe et au début du XIIe siècle, alors que les Bénédictins ne cessent d’étendre leur influence, les chanoines réguliers de Saint-Augustin ouvrent l'ère nouvelle de leur ordre canonial. Saint-Amand va trancher : depuis cette époque l'Abbaye allait vivre selon la règle augustinienne !

Les XIIIe et XIVe furent dès lors une longue période de prospérité au cours de laquelle le temporel de l'Abbaye s'est accru de manière importante. Elle eut alors sous sa juridiction jusqu'à dix-neuf prieurés. Mais prospérité n’est pas tranquillité. Elle eut à se défendre contre les déprédations commises par les grands féodaux et dut se placer à plusieurs reprises sous la protection du roi de France et de ses sénéchaux.

La guerre de cent ans (1337-1453), longue et confuse guerre féodale, ravagea le Périgord qui tenait le rôle stratégique mais douloureux de pays frontière.

L'Abbaye de Saint-Amand-de-Coly ne fut pas épargnée des dommages de la guerre. Il est probable que la proximité du conflit et son annonce ont favorisé la mise en œuvre de ses systèmes de défense et de sa fortification. Pour autant, à la fin de la guerre, le pays est dévasté, églises comme monastères n'ont plus de quoi subsister. Vers 1450, Saint-Amand est à moitié démoli, le cloître est détruit, de larges brèches s'ouvrent dans les fortifications. Il ne reste plus qu'un moine, le culte divin a cessé, les revenus sont nuls.

Le concordat de 1516, entre François 1er et le Pape Léon X, met par ailleurs fin au droit d'élection de l'abbé, le roi disposant désormais du droit de nomination et le Pape celui d'institution. On abusera vite de la “commende” laissée à la discrétion de la couronne et bon nombre de nominations vont relever davantage de la faveur royale que du mérite ou de la vraie foi. Victime de cette pratique, Saint-Amand ne devait pas se rétablir. Les bâtiments de l'Abbaye furent progressivement abandonnés à un état de délabrement progressif mais inéluctable et l’essentiel des ressources emporté dans l’esprit de luxure qui contamina jusqu’à la vie monastique. Aux dérives perverses de la commende, s'ajoutèrent en outre les conséquences et les atteintes des Guerres de religions. Selon André Delmas – spécialiste de l’histoire de Saint-Amand-de-Coly -, les dégradations guerrières n'épargnèrent pas le tombeau de Saint-Amand dont la disparition ne peut remonter qu'à cette date.

Abbaye de Saint Amand de Coly en Périgord Noir

Le déclin amorcé depuis si longtemps se poursuivant, en 1746, il ne restait plus que trois chanoines dont l'abbé lui-même. Ce nombre était insuffisant pour vivre selon la règle et le roi va autoriser la suppression de l'Abbaye. Après la Révolution de 1789, les biens de celle-ci, dévolus à la Nation par décret, furent mis en vente dès 1791. Sur la base des instructions du tout nouveau Département, la Société populaire du district de Montignac ordonnait la destruction de tous les châteaux-forts et s’engageait à brûler tous les titres et papiers où il pouvait être fait mention de la servitude féodale. C'est ainsi que le château abbatial de Coly fut vendu pour une somme modique, à charge pour l'acquéreur de le démanteler. Les archives de l'Abbaye conservées dans le château furent détruites. Sans l’inspiration des Chanoines de Chancelade désireux de rendre compte de l’histoire de l’ordre, et finalement gardiens de la tradition spirituelle comme séculière, rien ne serait parvenu jusqu’à nous.

Au cours du XIXe siècle, l'abbatiale devenue l'église paroissiale de Saint-Amand de Coly depuis la révolution eut surtout à souffrir d'un manque d'entretien. La décision fut prise en 1886 de classer alors l'Abbaye comme monument historique…

Un statut, une histoire riche, une élégance mystérieuse sont, de fait, aujourd’hui les attributs de l’Abbaye sous les ailes de laquelle repose le village de Saint-Amand-de-Coly.

L'abbaye de Saint-Amand de Coly, comme bien d’autres, a été portée par la ferveur religieuse du Moyen-Age ; elle était alors puissante et respectée jusqu’à son apogée aux XIIIe et XIVe siècles, avant d’entrer dans la nuit du déclin seulement entrecoupée de quelques phases de renaissance temporelle et temporaire. Son histoire est représentative de celle d'un pays où se sont systématiquement confrontées trois sphères de pouvoir : celui des grands féodaux, celui de l’Eglise et un pouvoir central séculier qui a tardé à s'affirmer.
Elle est emblématique aussi de l'histoire de l'Aquitaine et du Périgord noir en particulier, objet de tant de convoitises et siège d'interminables conflits.

Cette histoire enveloppe pourtant Saint-Amand-de-Coly d’une aura de détermination dans le consentement au quotidien, de capacité de résistance et de spiritualité singulière à laquelle Christian, fils véritable de cette terre de luttes et d’espérances, ne pouvait, de toute évidence, qu’être intégralement sensible.

Là où la terre et le ciel se rejoignent, là où la devise – monastique et mystique -, qui harmonise et unifie les réalités « d’en bas et celles d’en haut » a longtemps été : « prie et travaille », là ne pouvait que naître la vocation d’Abbé Paysan de Christian.

 

 

 


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